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Convention
Fédérale 27-28 août 2007
Lundi 27 août 2007 (au siège du PS)
9 h 30 - 11
h 30 : compte-rendu d'activités de la FFE
11 h 30 -
11 h 45 : pause
11 h 45 -
13 h : débat de politique générale
Avec François
Hollande, Premier Secrétaire du Parti Socialiste
Déjeuner
libre
14 h 30 - 16 h 30
: " La fuite des cerveaux - Témoignages de jeunes Français
à l'étranger "
Débat présidé
par Catherine Dib, membre du Bureau Fédéral, chargée
de la Jeunesse, avec :
- Jean-Yves Le
Déaut, Député de Meurthe-et-Moselle ;
- Sandrine Bertin,
adhérente isolée à Waterford (Irlande) ;
- Fabrice Romans,
adhérent de la section de Luxembourg ;
- Nicolas Rossignol,
adhérent de la section de Belgique.
16 h 30 - 16 h 45
: pause
16 heures 45 - 18
heures 30 : rencontres régionales
- Afrique : avec
Thomas Mélonio, Délégué National à
l'Afrique (animateur : Jean-Daniel Chaoui, membre du Bureau Fédéral)
;
Mardi 28 août
2007 (au siège du PS le matin et à l'Assemblée
Nationale l'après-midi)
9 h 30 - 10
h 30 : petit-déjeuner dans la Cour Pierre-Bérégovoy
10 h 30 -
11 h 30 : " Contribution de la FFE à la rénovation
du PS "
Ateliers :
- Le rôle
des militants dans la rénovation (animatrice : Manon Mondoloni,
membre du Bureau Fédéral) ;
- Valoriser les
expériences de nos pays de résidence (animateur : Christophe
Monier, Trésorier Fédéral) ;
- Outils, organisation
et calendrier (animateur : Pierre Avedikian, membre du Bureau Fédéral).
11 h 30 - 11 h 45
: pause
11 h 45 -
12 h 15 : " Contribution de la FFE à la rénovation
du PS " (suite)
Rapport des
3 ateliers et synthèse.
12 h 15 - 13 h 00
: présentation des candidats déclarés (au 28/08)
à la candidature socialiste aux élections sénatoriales
de septembre 2008
13 h - 14 h 30 :
déjeuner libre
14 h 30 -
16 h 30 : " Analyse du vote des Français les 22 avril et
6 mai 2007 "
Débat présidé
par Pierre-Yves Le Borgn', avec :
Jean-Louis Bianco,
François Rebsamen, Manuel Vals, Vincent Peillon, Pierre Moscovici
et Henri Weber
16 h 30 - 16 h 45 : pause
16 h 45 -
17 h 15 : conclusions de la Convention Fédérale.
17 heures
15 - 18 heures : réunion du Bureau Fédéral
Comptes-rendus
des ateliers de la Convention
Compte-rendu de
l’atelier « Valoriser les expériences de nos pays de résidence »
animé par Christophe Monier
CR rédigé par Thérèse
Gernigon (Alger ) et Laurent Dartois ( Mexique)
En introduction
quatre pistes proposées par Christophe
- Ce
que je vis dans mon pays 10 bonnes idées, 10 critiques
- Expérience
politique : ce que vivent les sociodémocrates ou les coalitions
pour analyser les mécanismes de mise en place de plateformes politiques.
- Diversité
des structures (pays centralisés/décentralisés ; place de la
religion )
- Expérience
des bi-nationaux et travail avec le PSE .
Seules les pistes
2 et 4 ont pu être abordées.
è Des
débats, il ressort une question récurrente très forte : ce qui
est transmis au national par les sections est-il utilisé ?
è Relations
avec les partis locaux :
- Possibilité
de former des sections PSE
- Possibilités
pour les binationaux d’adhérer aux partis frères du pays
è Lorsque
des personnalités du PS voyagent dans les pays : Il y a souvent
une faible connaissance des
- Réalités
du pays
- Préoccupations
des partis frères du pays
- De
plus il n’y a pas toujours de contact avec la section locale
è Analyse
des expériences réussies :
- Cas
de la suède : le projet nouveau est élaboré lors de congrès régionaux
(équivalent des fédérations ) où sont élus des délégués qui vont défendre
le projet mais pour certains il s’agit seulement de plateforme électorale
- Rénovation
du Parti belge : « ateliers du progrès » au niveau
de la base
Propositions
- Dans
les sessions annuelles de la FFE, nécessité d’une présence systématique
tout au long de la session d’un représentant du secteur international
- Avant
d’élaborer le projet de rénovation, prendre en compte ce qui se dit
au niveau des sections sur la réalité des divers pays
- Créer
un forum horizontal entre les sections, les délégués PS des pays,
les parlementaires PS, les parlementaires européens pour que l’information
puisse circuler et soit davantage utilisée.
Compte-rendu de
l’atelier « Outils, organisation et calendrier »
Animateur :
Pierre Avedikian
Rapporteur :
Alain Esterle
Les participants
de l’atelier ont pris acte des trois thèmes de réflexion proposés et
du calendrier correspondant pour les séminaires du Bureau National et
les Forums de la rénovation :
·
Les socialistes et la Nation/21 novembre/24 novembre,
·
Les socialistes et le marché/12 décembre/15 décembre,
·
Les socialistes et l’individu/16 janvier/20 janvier,
En matière d’organisation
du travail, l’atelier préconise le schéma suivant :
·
Pour chacun des trois thèmes, un noyau de personnes réfléchit
au niveau fédéral sur la spécificité des possibles apports de la FFE
(e.g. « recul » dû à l’éloignement géographique, expérience
de terrain sur la « mondialisation », perception locale de
l’idée et de la pratique du « socialisme »…). Il établit une
série de sous-thèmes pour faciliter et cibler la réflexion. Un coordinateur
est désigné au niveau fédéral pour chacun des trois thèmes en vue des
synthèses finales ;
·
Les sections prennent en compte les trois thèmes et leurs sous-thèmes
proposés, en les adaptant éventuellement. Elles coordonnent la collecte
des contributions des membres et en font remonter une synthèse vers
les coordinateurs fédéraux. Elles associent autant que possible la société
civile à la réflexion. Les « isolés » peuvent adresser directement
leurs contributions aux coordinateurs fédéraux. Les contributions doivent
provenir de membres inscrits du PS;
·
Les coordinateurs fédéraux procèdent à la synthèse de chaque
thème, sur la base des contributions des sections et des contributions
reçues individuellement. Ils font parvenir ces synthèses au BN, au moins
une semaine avant chaque séminaire thématique.
L’atelier estime
que les contraintes calendaires excluent toute procédure formelle de
validation des synthèses fédérales par les membres. Néanmoins, les adhérents
seront systématiquement informés des synthèses au fur et à mesure de
leur élaboration.
En matière d’outils,
plusieurs avis ont été exprimés au sein de l’atelier. D’un côté, le
forum électronique couramment utilisé comme outil de liaison entre les
adhérents (simple transmission de emails coordonnée pas Danielle Seignot)
n’est pas adapté à la consultation envisagée. D’autre part, les contraintes
calendaires et la disparité des compétences informatiques entre les
adhérents empêchent la mise en place d’outils sophistiqués, même en
version libre. Au total l’atelier préconise qu’un « blog »
spécifique soit créé par thématique pour collecter et rendre accessibles
à tous les contributions de chacun.
La question de l’utilisation
optimale d’Internet pour améliorer les relations entre les membres de
la FFE dépasse largement le cadre de cette consultation mais s’inscrit
pleinement dans celui de la rénovation entreprise (voir point 2 de la
charte : rénover nos procédures…, nous doter d’un instrument politique
moderne et offensif en phase avec notre temps…, simplifier notre fonctionnement,
etc.). Il s’agit d’un chantier spécifique auquel la FFE devra porter
la plus grande attention.
Atelier sur « le
rôle des militants dans la rénovation » animé par Manon Mondoloni.
L’atelier a donné
lieu à un débat général autour de la Charte de la rénovation adoptée
par le Conseil National en juin dernier et qui propose un calendrier
précis (Forum 1: Les socialistes et la nation, samedi 24 novembre, Forum
2: Les socialistes et le marché, samedi 15 décembre, Forum 3: Les socialistes
et l'individu, dimanche 20 janvier 2008) ainsi que sur les différentes
motions provenant de plusieurs sections de la FFE.
Les prises de parole
des camarades présents se sont axés sur deux thèmes : la réforme
interne du PS et le contenu politique de la rénovation.
Réforme
interne du PS
- Le calendrier
proposé dans la charte de la rénovation a été fortement critiqué lors
de cet atelier:
"Il faut se
doter d'un calendrier de la FFE"
"Le calendrier
a été parachuté sans que les militants puissent donner leur opinion"
"Le National
arrive avec ses règles du jeu mais il faut que le calendrier vienne
de nous".
- Plusieurs militants
ont également parlé du renforcement du poids des Fédérations au sein
du PS et en particulier de la nôtre :
"Le centralisme
est entériné au sein de notre parti, il faut repartir de la base"
"Il faut donner
une plus grande place aux Fédérations non parisiennes"
"La FFE doit
participer à l'affirmation des Fédérations comme n'importe quelle autre
Fédération."
"Le PS doit
mieux respecter nos statuts et notamment les règles sur le cumul"
"Il faut qu'il
y ait un système de remontée des propositions des Français qui
ont envie de participer"
"Les effectifs
sont énormes à la direction et cela donne le cafouillage actuel. Il
faut réduire les effectifs centraux du parti qui provoque ses dysfonctionnements,
la distance par rapport à l'électorat et l'indiscipline"
"La rénovation
est une tradition du PS et se produit environ tous les 5 ans"
- Notre Fédération
a des pratiques innovantes mais il faut aussi qu'elle se rénove:
"Nos pratiques
militantes sont innovatrices au sein de la FFE notamment avec Internet"
"L'originalité
de la FFE vient de l'éloignement entre les uns et les autres et le perfectionnement
de l'utilisation de l'outil internet"
"Il nous faut
un forum sur la rénovation interne"
"Nous avons
aussi l'habitude d'avoir des approches adaptées à des terrains très
différents"
"Il n'y a pas
de parisianisme au sein de la FFE, pas de notables, de hiérarchies,
pas de frontières non plus avec les autre partis sauf à l'ADFE qui les
rassemble."
"La Fédération
doit être un modèle de démocratie participative"
"Il faut
une Fédération forte, de militants, avec un pouvoir exécutif fort permettant
d'organiser le débat"
"Il faut préparer
l'avenir et notamment se préparer à avoir des députés"
"Les personnes
qui sont aux responsabilités doivent être visibles et leur gestion transparente"
"Le National
souhaite que nous soyons actifs mais la rénovation passe par une démocratisation
des Fédérations"
"La rénovation
passe par les sections mais il faudrait aussi un premier jet de textes
venant du Bureau Fédéral"
Contenu politique
de la rénovation
- La discussion
a été nourrie sur les frontières de la gauche et nos relations
avec les autres partis de gauche:
"Nous ne savons
plus qui nous sommes mais nous voulons déjà aller discuter avec les
autres partis. Il y a un cafouillage dans le calendrier à ce niveau"
"Il faut d'abord
nous repositionner avant de redéfinir nos frontières. Il faut le dire
au National pour éviter les stratégies d'en haut. Cependant, les militants
doivent être à l'écoute. Il faut que la Fédération ait une démarche
d'écoute envers les militants de la gauche non PS, au moins avec les
Verts et les Communistes. Il ne faut pas se faire d'illusion sur l'extrême-gauche".
"Pourquoi ne
pas dialoguer avec Bayrou, en tout cas à la base avec les militants
du MoDem?"
"Les collectifs
de gauche dans leur ensemble doivent être notre cible"
"Les élections
municipales permettent de constater que les frontières sont poreuses
entre les partis de gauche, nous ne nous en rendons pas toujours compte
à la FFE".
- Une autre partie
de la discussion a tourné autour de la démocratie participative
"Nous devons
réviser notre rapport à l'expertise. Il faut éviter le basisme de base"
"Tout le monde
peut avoir une opinion sur la taille d'un trottoir ou la place d'un
pot de fleur mais tout le monde n'est pas urbaniste, ne connaît pas
les législations en vigueur par exemple"
"Quand on parle
de démocratie participative, même quand ce sont les citoyens qui émettent
des idées, elles passent ensuite par la concertation avec des experts.
Le citoyen ne voit pas forcément l'intérêt général, il faut les deux
mouvements complémentaires: de la base vers le sommet et du sommet vers
la base".
"Il faut éviter
de tomber dans le travers de vouloir répondre à toutes les attentes
de la population, soit le populisme. Nous avons des valeurs, que nous
devons redéfinir pour ensuite réexaminer les moyens pour les mettre
en oeuvre"
"Il faut inviter
l'inflation de nouveaux termes. Il faut mener la réflexion sur la République,
notion fondamentale pour les Français de l'étranger."
Compte
rendu
Débat " La fuite des cerveaux -Témoignages de jeunes
chercheurs expatriés"
Paris, le 27 août 2007
Intervenants
- Jean-Yves Le
Déaut, Député de Meurthe et Moselle, Vice-Président
de la région de Lorraine, Secrétaire national à
la recherche du PS
- Catherine Dib,
membre du Bureau fédéral en charge des jeunes
- Gaël Mayer,
membre de la section socialiste de Bruxelles
Présentation
de l'enquête sur la recherche et la mobilité,
Observant une augmentation de jeunes dans la population française
de l'étranger, Catherine Dib a souhaité, pour une première
action, axer le débat sur une problématique précise
concernant nombre d'entre eux. Les thèmes de débat et
d'action proposés par différents jeunes de la Fédération
(génération précarité à l'étranger,
création d'un site web consacré à la formation)
seront à l'ordre du jour dès la rentrée.
Son enquête
sur la mobilité des chercheurs est basée sur 45 réponses
de Français de l'étranger. Il s'agit notamment de docteurs
en sciences dont certains souhaitent être informés par
la suite sur ce thème en dehors d'une appartenance au PS. La
prédominance des docteurs en sciences (et même en sciences
de la vie) est certes un biais, puisqu'il y a bien d'autres disciplines
représentées parmi les chercheurs Français expatriés
en général, mais elle reflète aussi une réalité
: la difficulté spécifique de " réinsertion
en France " pour cette discipline.
Les principaux constats,
sur base de l'enquête, mettent certains points en évidence
:
- Le départ
à l'étranger, ressenti comme quasi obligatoire, correspond
rarement à un choix mais participe plutôt à la
mise en valeur d'un parcours professionnel.
- La motivation
d'un départ à l'étranger n'est pas de mieux gagner
sa vie.
- Même si
l'environnement influence le départ à l'étranger,
aucune aide spécifique, aucune réelle information ne
sont prévues à cet effet.
- A l'étranger,
les conditions de travail sont jugées souvent meilleures :
plus de souplesse, de respect du statut de docteur et davantage de
moyens financiers pour la recherche.
- Les chercheurs
français à l'étranger, qu'ils soient boursiers
ou sous contrat n'ont pas la possibilité de cotiser pour la
retraite et l'assurance maladie légale (françaises)
et sont dès lors sont privés de cette couverture sociale
pendant et au prorata des années passées à l'étranger
- Les difficultés
du retour sont exacerbées notamment lorsque le jeune chercheur
n'a pu publier dans une revue scientifique reconnue au niveau international.
Or la publication d'un article est essentielle lors de l'entretien
d'embauche pour un retour en France.
- Pour pouvoir
postuler à une fonction en France, des difficultés pratiques
sont fréquentes (coût du voyage à partir d'un
pays lointain, etc)
- Les services
accomplis dans un organisme de recherche étranger ne sont pas
pris en compte pour valoriser la carrière en France (ancienneté)
- La procédure
de recrutement d'un chercheur, en France, est pointée comme
moins " professionnelle " dans bien des cas, en comparaison
de celle pratiquée dans les pays de résidence (ex. Etats-Unis,
Canada, Grande-Bretagne)
- Enfin, en partant
à l'étranger, le jeune chercheur se coupe d'un réseau
de contacts utiles pour le retour.
Voir la liste de
revendications portent des problématiques ciblées. (CF
enquête)
Parcours d'un
étudiant à l'étranger, membre de la section de
Bruxelles
L'enquête
a permis de rassembler les témoignages de 45 chercheurs Français
à l'étranger, ce qui ne permet, bien sûr, pas d'exploitation
statistique ni représentative des résultats. C'est pourquoi
il paraissait intéressant d'entendre aussi un témoignage
" direct ", illustrant l'expérience non seulement d'un
" ex-chercheur " mais aussi de ses amis et condisciples. Gaël
Mayer décrit son parcours, ses études de biologie à
l'Ecole Normale Supérieure et son séjour d'un an en Californie.
Il évoque les difficultés des démarches administratives
en France en vue du départ et notamment pour obtenir les équivalences.
Par contraste, l'intégration administrative à Standfort
fut aisée.
Alors qu'il y a
30 ans, certains chercheurs savaient qu'ils intégraient le CNRS
avant même d' avoir terminé leur thèse, aujourd'hui,
ce sont des stages à l'étranger qui sont proposés
à des diplômés BAC + 10, + 12.
Il retient de son
expérience aux Etats-Unis :
- Une internationalisation
beaucoup plus importante des étudiants au sein des laboratoires,
- Une considération
plus importante envers les Post Doc à l'étranger qu'en
France,
- La faible importance
accordée à l'institution où s'est déroulée
la formation initiale, contrairement aux habitudes françaises.
- La bonne réputation
des formations françaises dans le domaine des sciences de la
vie outre atlantique..
Les difficultés
actuelles de la recherche sont essentiellement liées à
un manque de moyens financiers, notamment dans des universités
comme celle de Jussieu. Il s'agirait dès lors
- De rendre plus
attractive et de valoriser les carrières dans la recherche.
- De modifier les
modalités de recrutement et de mettre un terme au " localisme
".
- De faire évoluer
le statut du chercheur. La loi de 1999 sur la recherche facilite les
mouvements entre les secteurs public et privé.
Les principaux obstacles
à la mobilité sont également liés
- A la libre circulation
des personnes,
- Au statut fiscal
et retraites. Claude de la section allemande, rappelle qu'en Allemagne,
un chercheur CNRS ne cotise pas pour sa retraite lors de son séjour
et que certains chercheurs expatriés se retrouvent sans sécurité
sociale.
Les sciences de
la vie représentent un domaine stratégique que la gauche
a soutenu. Mais depuis le gouvernement Jospin, le retard par rapport
à l'Allemagne et aux Etats-Unis s'aggrave.
Pour une réforme
nationale : Jean-Yves Le déaut
- La loi
sur les universités
Lors de l'examen de la loi sur les universités au Parlement,
Jean-Yves Le Déaut rappelle que les débats n'ont porté
que sur la gouvernance. Certes, il était nécessaire
de mieux la définir. Mais aucune discussion n'a, par exemple,
porté sur le statut des chercheurs et sur la précarisation
des étudiants…
On ne connaît
pas les objectifs finaux de ces réformes. Si Nicolas Sarkozy
a promis une augmentation de moyens, elle n'est pas envisagée
avant 2008 et les détails n'en sont pas connus. Le milliard
d'euros prévu pourrait, malheureusement, être accordé
sous forme de crédits d'impôt et donc d'avantages fiscaux.
- Un financement
insuffisant
Les difficultés des chercheurs à l'étranger révèlent
avant tout un problème national qui tient à l'insuffisance
de moyens pour l'enseignement et la recherche. Depuis 25 ans, les
crédits éducation par élève ont augmenté
de 60% alors que dans l'enseignement supérieur, cette augmentation
n'atteint que 20%. En 2007, 21,3 milliards euros sont consacrés
à l'enseignement supérieur et la recherche et un milliard
d'euros à la vie étudiante. Au-delà des chiffres,
la ventilation des crédits varie selon les secteurs de recherche
ou entre les grandes écoles et les universités.
En 2005, le coût
moyen annuel d'un étudiant était de 8940 euros. En premier
cycle, ce coût s'élève à 6000 euros en
moyenne alors que ce montant est de 13.400 euros pour un étudiant
en BTS. Le faible coût d'un étudiant en premier cycle
contribue à expliquer le pourcentage élevé d'échecs.
En moyenne, ce sont des coûts deux fois moins élevés
qu'aux Etats-Unis.
Enfin, en 2004,
43,2% d'une classe d'âge était titulaire d'un premier
cycle alors que ce pourcentage s'élevait à 60% pour
les titulaires d'un baccalauréat.
- La baisse
du nombre de doctorants
Entre 1995 et 2000, on comptait 10.000 nouveaux doctorants par an.
En 2003, ce nombre est passé à 8.000. Cette baisse,
surtout imputable à la baisse du nombre d'étrangers,
est directement liée à la politique plus restrictive
d'immigration. La part des étudiants étrangers inscrits
en master est de 14% et de 28% pour les doctorants. Ces chiffres sont
bien inférieurs à ce que l'on retrouve aux Etats-Unis.
Face aux
bas salaires et aux conditions d'emploi précaire, la crise
des vocations scientifiques s'aggrave et les jeunes se tournent vers
d'autres carrières. Notons l'exception des ingénieurs
dont le nombre a légèrement augmenté en 2004.
17% des titulaires d'un doctorat sont au chômage. De surcroît,
ceux qui ont un emploi, sont souvent sous employés et souffrent
d'un problème de reconnaissance du diplôme.
20.000 diplômés
de ces quinze dernières années sont à l'étranger
essentiellement parce qu'ils ne peuvent pas revenir. Le coût
d'un doctorant s'élevant à 150.000 euros, cela représente
un gâchis de 3 milliards. On a investi dans des formations de
jeunes sans pouvoir en récupérer les dividendes, faute
de politique adaptée.
- Nécessaires
réformes
Certes, il faut plus d'autonomie pour recruter des chercheurs au profil
atypique qui sont partis. Mais la précarité a augmenté.
Le nombre de postes d'assistants a baissé et l'on s'est rapproché
de la politique de contrat du système anglo-saxon.
- Faut-il s'orienter
vers un statut unique entre enseignement supérieur et recherche
ou prévoir des évolutions vers d'autres fonctions lors
d'une carrière si on a pris soin d'identifier la fonction de
recherche et celle de l'enseignement (diffusion de la culture scientifique,
lien avec les collectivités territoriales... ). Par le passé,
le PS n'a pas toujours été clair sur cette question
et devra arrêter une position.
Actuellement, la
faible mobilité à l'étranger s'accompagne également
d'une faible mobilité à l'intérieur même
de notre système. Or les besoins sont pressants :
- Renforcer l'encadrement
du premier cycle,
- Mettre en place
une véritable politique pour l'orientation des étudiants
- Augmenter les
possibilités d'intégrer les doctorants dans le secteur
privé.
- Réfléchir
à la mise en œuvre de mesures fiscales comme cela se pratique
dans d'autres pays européens.
- Améliorer
la reconnaissance du diplôme de doctorat, notamment dans les
3 secteurs publics. Un des participants propose de faire reconnaître
le doctorat comme une expérience professionnelle de deux ans.
Il rappelle qu'un maître de conférence 1er échelon
gagne actuellement 1580 euros net.
Les étudiants sont titulaires d'un Master vers 23/24 ans et titulaires
d'un doctorat vers 26/27 ans.
- Il faut arrêter
une position sur la définition des post doctorants : une fois
deux ans voire deux fois deux ans après l'obtention du doctorat,
point qui concerne surtout les français de l'étranger.
- L'allocation
recherche pour préparer la thèse devrait passer de 1200
à 1500 euros net. Cette mesure coûterait de 200 à
250 millions d'euros. Or, la TVA sur la restauration a coûté
2 milliards d'euros. Les rémunérations tout au long
de la carrière devraient être revalorisées en
conséquence.
- Le financement
pour les équipes de recherche et les universités doit
également être revu à la hausse. Frédéric
de la section suédoise dénonce le modèle vertical
qui sévit en France et préconise de le rendre horizontal.
Pour faciliter la mobilité entre le secteur public et privé,
une société comme Erikson a une grille salariale pour
les chercheurs qui rejoignent le groupe. Il faut, selon lui, réunir
les différents acteurs autour de la table, mieux définir
les relations entre le projet économique et le projet de société.
Le financement suivra si on a une vision d'avenir et si on ouvre les
portes. Jean-Yves Le Déaut rappelle que la situation en Suède
dépend essentiellement des grandes entreprises, ce qui n'est
pas le cas en France. En revanche Hélène, de la section
de Dublin, pointe le problème de financement, spécifiquement
pour la recherche fondamentale insuffisamment financée par
l'Etat. Or, les nombreux appels à propositions concernent essentiellement
la recherche appliquée. Lorsqu'il finance la recherche, le
secteur privé attend un retour à court terme, ce qui
n'est pas compatible avec la recherche fondamentale. Pour un des participants
de la section de Rome, cette réflexion concerne également
la place et le financement des sciences sociales et humaines.
- Jean-Pierre Fournier
de la section de Bruxelles, souhaite quant à lui une réflexion
globale sur la recherche dans la société. Comment remettre
en cause le système des Mandarinats ? Si la situation est meilleure
en Allemagne, c'est parce que des investissements ont été
réalisés depuis dix ans dans la recherche sur l'environnement.
Aujourd'hui, l'Allemagne en récolte les dividendes.
Le terme de " fuite de cerveaux " a été contesté
par plusieurs participants. Une enquête de l'OCDE montre que les
chercheurs français sont plus mobiles qu'auparavant. Cependant
les chercheurs britanniques et allemands le sont davantage..
Jean-Yves Le Déaut
confirme que la présence française à l'étranger
est nécessaire et qu'il faut renforcer la mobilité pendant
la formation. Même si le titre " fuite des cerveaux "
a fait débat, les échanges entre pays de l'OCDE restent
en défaveur de la France. Ils s'équilibrent lorsqu'on
intègre les ressortissants d'Afrique. Le nombre de doctorants
en " sciences dures " en France est essentiellement lié
aux étudiants venant d'Afrique. Les expériences à
l'étranger sont positives. Le problème existe lorsque
les chercheurs ne peuvent pas revenir.
- Il faut mettre
en place les conditions favorables au retour et notamment des procédures
de recrutement qui ne pénaliseront pas ces chercheurs à
l'étranger. Cela passe également par un plan pluriannuel
de recrutement.
- Renforcer l'évaluation.
Le système français est, en effet, compliqué
: organismes de recherche, universités, grandes écoles.
Il faut également dissocier la gestion de carrière et
l'évaluation du travail des personnes
- Renforcer la
valorisation de la recherche. Actuellement, nombre de travaux tombent
dans l'oubli. Cette réflexion doit être menée
au niveau européen.
L'université
n'a pas traité ces questions et il n'y aura pas forcément
d'arbitrages sur ces enjeux dans les prochaines lois.
Il appartient aux
socialistes de se positionner pour préserver l'indépendance
des chercheurs et défendre la mobilité réciproque.
- Un contexte
européen et international
Ces nécessaires mesures nationales s'intègrent dans
un contexte plus vaste, celui de l'Europe qui concerne comme le souligne
Gaël Mayer, 95% du marché pour les produits et la finance,
40 à 50% pour les services et 2 à 4% pour la mobilité
des personnes. Le budget consacré au financement de la recherche,
en Europe, est communautarisé pour 6 % teandis que les financements
nationaux représentent, ensemble, 94 % du total. Le nécessaire
financement national de la recherche doit s'inscrire dans un réel
projet de l'Europe de la recherche. La dimension européenne
doit être renforcée pour créer une véritable
communauté européenne de recherche tout comme la mise
en commun des moyens pour la recherche. Actuellement, le Conseil européen
de la Recherche est doté de moyens insuffisants.
Jean-Yves Le Déaut rappelle que les chercheurs français
sont en compétition avec les Etats-Unis mais aussi avec la
Chine et l'Inde. Le XXIe siècle est celui de la matière
grise. L'AFE représente un réseau utile et efficace
pour travailler sur ces sujets. Qui permettra d'avancer politiquement.
Catherine
Dib annonce la mise en place d'un groupe de travail sur la recherche
et l'enseignement supérieur dont Jean-Yves Le Déaut
est membre.
Réactions
des militants de la Fédération des Français à
l'Etranger au discours de Nicolas Sarkozy à la conférence
des Ambassadeurs Convention 2007
- Le texte semble
être une série de déclarations de bonnes intentions,
sans engagement réel, sans grande vision globale. Par ailleurs,
Sarkozy affirme sans cesse être prêt à résoudre
tous les problèmes de la planète, et sous-entend que
les futurs échecs seront donc forcément la faute des
autres .
- On est frappé
par le ton anxiogène du discours, basé essentiellement
sur la notion totalement inacceptable de confrontation entre l'Islam
(une religion) et l'Occident (un ensemble géographique). Cette
vision du monde occidentalocentriste est proche du néo-conservatisme
américain et confirme sa vision judéo-chrétienne
de l'Europe. Il s'intéresse uniquement à la " sécurité
du monde occidental ", et exprime une phobie du monde arabe.
- Il pose comme
vérités établies des concepts généralement
subjectifs, et parfois totalement faux :
- Selon lui,
le monde est au bord du choc des civilisations
- Il estime
acquis les soi-disant avancées démocratiques de
pays comme la Tunisie ou l'Indonésie.
- Il pose comme
une évidence que l'énergie du futur est l'électricité
nucléaire
- Il sous-entend
que la Libye et Kadhafi sont dignes de confiance sur le respect
du traité de non-prolifération nucléaire.
Quels sont ses critères ? A quel autre pays vendra-t-il
des centrales nucléaires ?
- Les reculs :
- Recul sur
la Turquie par rapport à sa position de candidat. Il accepte
maintenant qu'il ne peut pas empêcher le processus de négociations,
même s'il est contre.
- Recul sur
l'Afghanistan : pendant la campagne il avait promis de se désengager
rapidement.
- Recul de
la position de la France : aucune mention de la création
d'une agence de l'ONU pour l'environnement (engagement de Chirac).
- Sur l'Europe
: le ton est incantatoire, le calendrier n'est pas réaliste.
- Il déclare
unilatéralement que son mini-traité a déjà
résolu tous les blocages de l'UE.
- Pour la présidence
française de l'UE en 2008, aucun objectif exprimé
sur les questions de politiques sociales, de recherche et développement,
de politique industrielle.
- Sa position
sur le rôle de la Russie dans les Balkans est mal informée
et dangereuse. Cette agressivité vis-à-vis de la
Russie est difficile à comprendre.
- Sur l'Afrique
:
- Il semble
dire que la majorité des problèmes sont en phase
de résolution à l'exception du Darfour. Est-il conscient
de tous les conflits actuels en Afrique ?
- Sa référence
à son discours de Dakar rappelle sa position scandaleuse
sur " l'homme africain ".
- Il sous-entend
que la pauvreté de l'Afrique est le fait des Africains.
Aucune réflexion sur le rôle des pays riches dans
la pauvreté mondiale.
- Il semble
préparer l'opinion à un recul sur l'aide au développement,
en invoquant des problèmes de budget pour 2008.
- Mise à
part une mention du Brésil, l'Amérique Latine est complètement
absente du discours.
- A l'exception
de Rama Yade, tous les noms cités sont des socialistes. S'achète-t-il
une bonne conduite sur notre dos ?
- Le PS devrait
clarifier au plus vite sa position sur le rapport Védrine.
- Il aime se mettre
en scène jusqu'à l'absurde :
- 56 fois
" Je " en 15 pages.
- Il parle
comme s'il avait la clé de tous les problèmes.
- Il s'attribue
le mérite de l'organisation de la réunion du Conseil
de sécurité sur l'Afrique lors de la prochaine Assemblée
Générale de l'ONU. Cette réunion est habituelle
et il se trouve que cette année elle sera présidée
par la France, c'est une présidence tournante.
- Nous aimerions
pouvoir lui reprocher de se cantonner aux généralités
d'usage sur le Moyen-Orient, mais nous déplorons de ne pouvoir
le faire, car le PS n'est pas meilleur sur ces questions.
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